spacer spacer
OM-App for iPhone
icon_play New CD: Garden of Love
'Wake me up' by Madhukar
Dialogues

Être Un

p.7
Le bonheur d'être Un

Le silence a son propre langage. Profond. De loin plus puissant que les mots. Cette réalité fit son apparition dans le silence et une fois comprise dans la conscience, vous réalisez quelque chose de précieux. Le bonheur d'être Un.
Ce langage secret s'ouvre à vous et change votre vie – une vie d'obligations et de répétitions, de jours et de nuits devient mystère. L'Eros de la vérité. Un mystère de la présence et de la conscience. Clarté et joie de vivre.
Si cette clarté, cette joie de vivre n'est pas de votre quotidien, vous êtes un esclave du passé ou une victime du futur. Un esclave de quelque chose qui ne s'est même pas encore produit. Personne ne doit être esclave, personne victime. Pourquoi? Car la liberté est votre vraie nature.

L'amour est un autre aspect de votre être. Nous ne pouvons réellement expliquer l'amour. Notre raison tente tout de même de définir l'amour. Définir crée des problèmes. L'illimité devient limite, la liberté devient captivité, la joie devient souffrance. La connaissance intime de l'amour varie selon notre expérience individuelle, notre éducation, nos habitudes sociales et culturelles. Amoureux, nous faisons l'expérience de la légèreté de l'être. Ce n'est pourtant pas de cet amour humain et certes attrayant dont je parle. Non, je fais référence à l'amour qui est votre vraie nature. Et celle-ci se révèle en l'absence de la raison. C'est une conscience pure. Nous ne devons rien faire pour cela. C'est naturel.

p.11
- Pouvez-vous me dire quelque chose sur le dévouement en tant que chemin? Madhukar: Je ne parle pas de chemins.
Je traverse tant de chemins, sur les routes et dans les airs, je n'aime pas parler de chemins. Les chemins existent dans le temps et dans l'espace. Pas dans le Soi. Le chemin est décélération. Le chemin est ignorance. Le chemin est imposture. C'est l'ignorance ou même la lâcheté d'un maître qui tente de nous indiquer un chemin, sans pouvoir nous indiquer qui est.

- Voilà qui est bien: Le chemin est une décélération.

Madhukar: Profitez de votre prise de conscience!

p.15
Quelle est cette sensation d'être Un? J'ai beaucoup entendu parler de Ramana Maharshi et Advaita. Quel est cet état d'être Un avec le tout? Ne n'existons plus alors? Qui suis-je alors?

Madhukar: "Ani l'dodi v'dodi li." Dans le cantique de Salomon, il s'agit d' être uni dans le sens érotique. C'est un poème de l'ancien testament, qui remonte probablement des dieux de la fertilité Tammuz et Ishtar. Il y est écrit: "Mon bien-aimée est à moi, et moi je suis à elle".
Sri Ramana Maharshi parlait d'Advaita, d'être Un dans le sens absolu, il ne parlait pas d'états. Vous avez dû lire de mauvaises publications ou écouter des gens propageant un semblant de savoir. Il s'agit de l'être vrai, de vérité. L'éternel qui est toujours.
Il ne s'agit pas d'états. Il s'agit de vous. Car s'il existe une éternité, si la vérité existe, vous devez être éternité et vérité. Vous êtes, non?

-Oui.

Madhukar: Donc il s'agit de vous! Ramana Maharshi et moi-même, nous vous indiquons le Soi. Nous vous invitons gentiment: Mettez fin à votre frilosité, votre demi-être, ni vivant, ni mort, ni heureux, ni malheureux. Ni viande, ni poisson, comme disait le Christ.
Profitez du moment, d'une fraction de moment, pour trouvez qui vous êtes. Nous vous invitons à vivre en paix. Avec vous même et le tout. Advaita veut dire mot pour mot: Non deux, non dualité, donc être Un.

- Et comment peut-on comprendre ce fait d'être Un?

Madhukar: Ce n'est pas possible de le comprendre. La raison n'y a pas accès, car la raison repose sur une structure de la séparation, de la dualité.

Quel est cette sensation d'être Un?

Madhukar: "L'être est un tout, seul en espèce" disait Parménide, le père grec ancien de la pensée occidentale, qui vivait à Elée dans le sud de l'Italie.
Être Un n'est pas lié à une sensation, les sensations viennent et s'en vont dans ce qui est toujours. Mais pour vous inspirer, je dirai: C'est une sensation ultra exubérante! Ou une bonne sensation, agréable, paisible, authentique. Je me plais de faire référence à la chèvre dans le conte qui disait: "J'ai tant mangé que je ne peux plus avaler - bê, bê, bê, bê!". La plénitude et la satisfaction sont aussi de bien bonnes descriptions.

p.20

-Qu'est-ce que le bonheur?

Madhukar: Le Soi transpersonel est seule réalité perpétuelle, à savoir paix et bonheur silencieux.

Pain, sexe et mort

Ce silence qui effraye certains d'entre vous, vous inquiète ou intimide, est la chose la plus précieuse qui existe. C'est l'essence de l'être, le fondement de la vie.
Reconnaître le silence ne signifie pas rester silencieux éternellement, se retirer dans un cloître en Bavière ou dans une grotte dans l'Himalaya. Le fleuve des pensées, le vacarme intérieur, le déchet mental - cela ne s'y arrêtera pas non plus. Le silence signifie être indépendant des pensées et des sentiments, tout naturellement.
Je ne suis pas venu pour prononcer un discours. Pour votre éveil, cela ne vous servirait peu. Car tout ce que vous recevez de l'extérieur, ce que vous apprenez, tout s'en ira de nouveau. Ce que vous pouvez découvrir ici, c'est ce qui a toujours été et qui sera toujours. Le Soi véritable. Vous n'avez pas besoin de l'apprendre, il est déjà là. Je ne vais pas prononcer de discours, car toutes les philosophies et religions ne sont pas parvenues à changer le monde dans un sens positif et durable. Ainsi, nous sommes tenus de nous rencontrer, de prendre part. Vous pouvez me poser des questions ou me parler de vos expériences personnelles avec l'essence de la vie. Cela m'intéresse.

- Comment puis-je me connaître moi-même?

Madhukar: C'est une bonne question. Avec un petit problème. Chaque fois que vous faites une introspection, si vous n'êtes pas parfaitement conscients, vous voyez de vieux concepts et de vieilles idées. Vous ne pouvez voir que ce que vous avez accumulé de vos expériences, ce que vous avez appris de votre culture: de vos parents, de vos enseignants et des médias de masse. Vous êtes programmé comme un robot et par cela restreint. Vos perceptions sensuelles vous revigorent d'un coté et vous restreignent de l'autre.
Tout ce que vous avez vécu vint à travers les organes sensoriels: Yeux, oreilles, nez, bouche et peau. L'essence réelle n'est pas tangible par les sens ou par la raison. Néanmoins, il reste très facile de vous connaître vous même: car vous êtes ici!
Votre question était bonne. Encore mieux serait de demander: "Qui suis-je?". Car ce "qui" vous emmène à vous même. Je vous prie de vous poser cette question, et puis nous pouvons faire quelques pas ensemble. Comprenez-vous la question?

- Il m'en manque seulement la réponse.

Madhukar: Qui voit qu'il n'y a pas de réponse? Quand vous dites: "Il m'en manque la réponse." Il doit y avoir un témoin qui peut voir que vous n'avez pas de réponse. Qui est-ce?

- Ce que je peux percevoir en ce moment se passe par les sens qui sont à ma disposition.

Madhukar: Il y doit être une dimension plus profonde, qui voit cela et que vous pouvez percevoir. Il doit donc y avoir quelqu'un qui perçoit, qui va plus loin que la personne restreinte. Je vise maintenant sur la conscience qui voit de quoi vous avez parlé. Qui est-ce?

- Je peux l'éprouver, mais je n'arrive pas à l'exprimer.

Madhukar: Ce que vous pouvez éprouvez est ici. Pouvons nous tomber d'accord là-dessus?

- Oui.

Madhukar: Pouvons nous appeler ça "conscience"?

- Oui.

Madhukar: La conscience peut voir et éprouver. Nous devons choisir ce genre de mots, car le langage reflète le domaine des sens. Il réfère toujours à sentir, voir ou entendre. Nous ne pouvons décrire avec le langage ce qui ne fait pas partie des perceptions sensorielles. Nous n'avons pas le choix que d'utiliser des mots. Ressentez-vous votre corps?

- Je perçois mon corps.

Madhukar: Bien. Le corps est ici. Il est visible. Pouvez-vous aussi voir vos pensées?

- Oui.

Madhukar: Une pensée vient, est ici et repart. La pensée qui la précédait est passée. Il s'agit pour moi de la conscience qui a plus de profondeur que vos pensées et vos sentiments. Jusque là, nous nous sommes presque toujours identifiés à eux. Nous sommes éduqué à savoir qu'il existe une personne, le moi. Les faits semblaient en être la preuve: Anniversaires, le mien et le tien, etc. Pour la plupart il existe donc la personne et de cette identification résultent des problèmes. Autrement, tout le monde serait heureux. Malheureusement, cela n'est pas le cas. Surtout pour les jeunes gens, il est très important de refléter cela, car ils pensent bien souvent que le grand bonheur viendra plus tard. D'ailleurs la plupart d'eux commencent à comprendre que la majorité des adultes ne sont pas vraiment heureux, mais frustrés et désillusionnés.

- Quand je suis entièrement en silence, la perception du moi disparait, il reste la perception du silence que l'on ressent d'une autre qualité. Parfois s'y ajoute un sentiment comme: Il ne manque plus rien.

Madhukar: J'appellerai ça plénitude.

- Oui, mais il reste quelqu'un, qui perçoit cela.

Madhukar: Très bien!

- Et à celui qui perçoit est attaché un ego subtile. Pourquoi y a-t-il cette différence de qualité?

Madhukar: Parce que celui qui perçoit n'a pas entièrement disparu, ne s'est pas entièrement dissout dans la perception même, dans ce silence. Parce qu'il y a une séparation entre sujet et objet. Quand le silence est réalité absolue, vous disparaissez. L'essence est. Être Un. Pas de dualité entre apparition et sujet.

- C'est là qu'on pourrait dire disparait l'expérience telle quelle, on ne la perçoit plus.

Madhukar: Il ne reste que l'unité. Il nous arrive de nous dissoudre et de ne plus avoir de perception du corps. Je ne veux pourtant pas approfondir ce mystère là maintenant. Il s'agit du naturel. Dans l'unité, le corps et la perception fonctionnent tout aussi normalement, sauf qu'il y a aussi une clarté absolue, plénitude et l'être sans aucun doute.

- Puis-je comparer ça à un état de sommeil profond, dans lequel nous ne percevons rien non plus?

Madhukar: Il existe trois états de base: L'état de veille, l'état de rêve et le sommeil profond. Et il y en a un quatrième: le rêve éveillé. Celui-là peut devenir une maladie. Des rêveries surviennent environ dix millions de fois par jour. Aussi souvent que vous vous perdez dans des illusions, des pensées au futur, des désirs et des attentes, dans le passé, dans de joyeuses ou de pesantes mémoires. Nous nous perdons à quelque chose qui nous dérangeait, que nous aurions dû faire différemment, donc à de l'apitoiement sur soi-même et des reproches contre soi-même. La plupart du temps nous traînons avec nous un sac entier de pensées fâcheuses du passé. Je trouve que c'est tout à fait inutile, car dans le présent il n'y a rien d'hostile. Si c'est le présent qui vous intéresse, c'est ici que vous pouvez l'avoir. Si ça ne vous intéresse pas, je vous prie de m'en dire la raison. Qu'y a-t-il alors de plus précieux que d'être heureux?
Certains passent des années à ne pas se sentir assez bien, à être envieux, à être jaloux. Bien sûr qu'il existe aussi du plaisir entretemps. Cependant, Nous créons souvent des situations difficiles. J'affirme que toute seconde durant laquelle vous n'êtes pas satisfait est perdue.
Revenons-en à votre question. Pour vous, le corps apparait dissout dans le sommeil profond. L'activité mentale s'est réduite, ce qui est en effet à peine perceptible pour vous. Contrairement, dans la phase de rêve, la création reprend son cours. Vous est-il déjà arrivé de continuer un même rêve quelques nuits plus tard?

- Oui.

- Ce qui est intéressant, c'est que notre cerveau est capable de créer une réalité quotidienne de façon très réaliste dans le rêve. Vous pouvez exactement rêver ce que vous voyez maintenant. En plus de ça, il est possible de vivre des rêves dans lesquels les lois de l'espace et du temps sont abrogés. En outre les fantasmagories sont possibles autant dans le rêve que dans la conscience éveillée. Tout, univers, multivers – seulement une pensée.